Alors que la flambée de l’épidémie d’Ebola, déclarée en mai dernier, devient la plus meurtrière de l’histoire de la RDC, avec plus de 3 000 décès recensés, pour le virologue congolais Jean-Jacques Muyembe, le pays « a frôlé la catastrophe » face à ce virus porté par la souche Bundibugyo, contre lequel aucun vaccin ni traitement spécifique n’est homologué à ce jour, qui continue son expansion dans six provinces du nord-est et au Sud-Ubangu, nord-ouest.
« On allait être vraiment isolé, même effacé de la carte du monde à cause de cette maladie », a déclaré M. Muyembe, directeur général de l’Institut national de recherche biomédicale (INRB), lors d’une visite au site de déplacés de Kigonze, à Bunia, la ville épicentre de la maladie, dans la province de l’Ituri, à l’est de la RDC.
Au personnel soignant, « vous avez eu le courage de maîtriser cette épidémie et la population commence à comprendre », a-t-il salué le travail des prestataires durant cette crise, appelant les équipes sanitaires à préserver la confiance des habitants et à accueillir les malades « de façon vraiment fraternelle ».
L’épidémie d’Ebola hors du contrôle
Cependant, l’épidémie reste hors du contrôle, et la riposte piétine dans les zones touchées. Le bilan de l’Organisation mondiale de la santé (OMS ) daté de 7 septembre 2026, fait état de 6.757 cas et 3.267 décès en RDC, soit une létalité de 48,3%. L’épidémie touche alors 61 zones de santé dans six provinces, notamment : l’Ituri, le Nord-Kivu, la Tshopo, Sud-Kivu, Haut-Uélé et le Bas-Uélé. Un premier cas a par ailleurs été confirmé le 10 septembre dans le Sud-Ubangi, portant à sept le nombre de provinces concernées.
À Kigonze, un décès communautaire a été signalé dimanche, celui d’un écolier de six ans. Dix contacts ont été pré-listés, selon la responsable locale de la communication sur les risques et l’engagement communautaire.
Deux jours après l’annonce du dépassement du pic, trois cas avaient toutefois été confirmés dans le site de déplacés de la Plaine de Savo, dans le territoire de Djugu, qui accueille plus de 70.000 personnes.