Le Ministre des Finances, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi, a présidé, mercredi 16 septembre 2026 à Kinshasa, la cérémonie marquant la célébration du cinquantième anniversaire de la Direction Générale de la Dette Publique (DGDP).
Placée sous le thème « DGDP, 50 ans de gestion de la dette publique : bilan, défis et perspectives », la cérémonie s’est déroulée en présence du Vice-Premier Ministre, Ministre du Budget, Adolphe Muzito, de la Ministre du Portefeuille, Julie Shiku, de la Vice-Ministre des Finances, Gracia Yamba Kazadi, ainsi que du Représentant résident du Fonds monétaire international (FMI) en RDC.
Dans son allocution, le Ministre des Finances est revenu sur un demi-siècle au service de la souveraineté financière de l’État. Pour lui, ce jubilé n’est pas seulement celui d’un service du Ministère des Finances, mais celui du Gouvernement tout entier, porteur d’un héritage et d’une responsabilité renouvelée devant l’avenir.
Retraçant le parcours historique de la DGDP, l’Argentier national a rappelé que la nécessité de mieux connaître et maîtriser les engagements de l’État a conduit successivement à la mise en place, depuis l’époque coloniale, de la Caisse autonome d’amortissement du Congo belge, du Bureau de la dette, puis de la Commission interministérielle chargée de la politique d’endettement extérieur, avant la création de la DGDP par le Décret n° 09/29 du 3 décembre 2009.
Par ailleurs, le Ministre a tenu à saluer le rôle décisif de la DGDP dans le processus ayant conduit la RDC au point de décision, puis au point d’achèvement de l’Initiative PPTE, permettant un allègement de la dette estimé à 12,3 milliards USD. Un jalon majeur dans l’histoire économique du pays.
À cette occasion, il a rendu hommage au Vice-Premier Ministre Adolphe Muzito, alors Chef du Gouvernement, qui avait conduit ce processus à bon port.
Évoquant le Décret n° 25/11 du 29 avril 2025 portant création et organisation de la DGDP, Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi a souligné la volonté stratégique du Gouvernement de doter le pays d’un service compétent, capable d’établir de meilleures projections et d’assurer une gouvernance rigoureuse de l’endettement public.
Il a annoncé la mise en place, dans les prochains jours, d’un comité chargé de l’opérationnalisation du nouveau cadre organique de la DGDP. De nouveaux animateurs seront appelés à piloter les départements prévus.
Cette démarche traduit la volonté de redynamiser la DGDP afin qu’elle réponde efficacement aux attentes du Gouvernement au cours des 50 prochaines années.
L’Exécutif s’attend à une DGDP capable d’assurer une gestion optimale de la dette, d’élaborer une stratégie de mobilisation de la finance verte et de rivaliser avec les services homologues des autres pays africains dans la diversification des sources de financement de l’État.
Le Ministre a également insisté sur le renforcement des capacités des cadres et agents, appelés à prendre en charge de nouveaux métiers : la gestion des risques liés aux opérations sur le marché international, le dialogue avec les agences de notation telles que S&P, Moody’s et Fitch, ainsi que la maîtrise des processus ayant conduit à la première émission obligataire internationale de la RDC à un taux inférieur à 10 %, malgré les craintes d’un taux compris entre 12 et 13 %.
« Le vrai rôle de la DGDP, c’est de prendre en charge les questions liées à l’endettement public. Les cabinets ministériels sont appelés à passer. C’est au sein du service technique que cela doit s’opérer », a martelé Doudou Fwamba Likunde Li-Botayi.
Avant de clore son propos, le Ministre a rendu un hommage appuyé au Directeur Général a.i. de la DGDP, Sylvain Ndongala, ainsi qu’à l’ensemble du personnel pour leur accompagnement dans la réalisation des missions du Ministère.
Rappelant la « phobie de la dette » héritée de l’hyperinflation des années 1990 et la discipline observée aujourd’hui — avec un ratio dette/PIB inférieur à 20 % et une dette majoritairement concessionnelle —, il a assuré que le Gouvernement mettra tous les moyens nécessaires à disposition pour garantir une meilleure prévisibilité de l’endettement.