La République démocratique du Congo entre dans une nouvelle phase du recensement de la population. Ce deuxième recensement de l’histoire du pays, le premier depuis 1984, a été lancé au début de cette année 2026 pour les autorités. Après une table ronde pour fixer son financement de près de 200 millions de dollars et plusieurs mois de préparatifs, les premiers agents seront déployés dans les rues du pays à partir de mardi 29 septembre pour les opérations de cartographie censitaire.
C’est le début de la phase pratique de ce recensement. Dès mardi 29 septembre, des milliers d’agents cartographes vont commencer à sillonner Kinshasa d’abord, puis les provinces, pour la première partie de la collecte de données. Ils vont se rendre dans les quartiers, auprès des ménages pour répertorier les zones d’habitation, les zones d’activité, les différents bâtiments type école, hôpitaux, commerces…
Une étape saluée par le ministre du Plan, Guylain Nyembo, qui compte sur la collaboration de la population. « Nous sommes dans une opération purement scientifique. Nous sommes dans une opération apolitique, gratuite, et il faut que chaque Congolais puisse participer à ça. Et chaque citoyen habitant la République démocratique du Congo puisse contribuer à l’amélioration des données dans notre pays pour que nous puissions mieux nous occuper de chacun sur le territoire national. »
De premières estimations de la population dès la fin de l’année
Cette phase de cartographie censitaire doit durer trois mois. Pour Henri-Marie Kazadi, coordonnateur national du Bureau central du recensement, elle permettra de disposer de premières données dès la fin de cette année 2026. « Déjà à l’étape de la cartographie, nous aurons les estimations de la population parce que, dans chaque ménage, on aura la déclaration des effectifs et nous aurons les informations sur les infrastructures socio-économiques », explique-t-il.
« Nous aurons géolocalisé tout ce qui est bâtiments, écoles, centres de santé, avec les informations complémentaires sur le nombre de médecins, le nombre de sages-femmes, etc. Donc, il y aura aussi bien la partie infrastructure que tout ce qui est information sur l’accessibilité des différentes entités », précise Henri-Marie Kazadi. Aujourd’hui, il n’y a que des estimations assez larges. On parle de plus de 100 millions de Congolais, de plus de 20 millions de Kinois. La réalité de ces données sera enfin connue.
Une carte d’identité de la population congolaise
Cette phase de cartographie va aussi préparer le déploiement des agents pour le dénombrement. Pendant deux semaines, en juillet 2027, ce sont plus d’une centaine de milliers de personnels qui vont parcourir le pays pour compter les habitants. Cela permettra d’avoir une réelle carte d’identité de cette population congolaise : son âge, son genre, son activité…
Les autorités assurent que ces opérations doivent aussi avoir lieu dans les zones sous la menace des groupes armés, comme dans la partie du Nord et du Sud-Kivu sous contrôle de l’AFC/M23. Les résultats consolidés de ce deuxième recensement de la population sont attendus pour la fin de l’année 2027.
Infos RFI