Prix de denrées sur le marché à Kinshasa.
Le franc congolais connaît depuis quelques jours une nouvelle dépréciation face au dollar américain. Le taux de change s’établit désormais à plus de 1 700 FC pour un dollar, contre environ 1 650 FC il y a peu. Cette évolution se répercute sur le coût de la vie, notamment à Kinshasa et à Matadi, où les prix de plusieurs produits de première nécessité sont revus à la hausse.
À Matadi, les affichages de prix sur différents sites de vente illustrent bien cette tendance. Le carton de poulet, qui se négociait auparavant à 35 000 FC (environ 20,5 USD), se vend actuellement à 55 000 FC (32 USD). De même, le carton de cuisses de poulet est passé de 17 000 FC (10 USD) à 35 000 FC (20,5 USD).
Le poisson devient également plus rare sur les marchés de la ville portuaire. Seuls certains formats, notamment les poids 20 et 25, sont encore disponibles dans quelques chambres froides. D’après plusieurs gestionnaires, cette situation serait liée à la dépréciation du franc congolais par rapport au dollar, qui augmente le coût des importations.
Le recours au “Makwala”
Face à la rareté du poisson importé, de nombreux habitants se tournent désormais vers le « Makwala », un poisson en provenance d’Angola. Cependant, des inquiétudes persistent quant à sa qualité. Selon les services de la quarantaine et l’Office Congolais de Contrôle (OCC), plusieurs cargaisons ne répondent pas toujours aux normes de conservation.
Le lundi 16 décembre, une cinquantaine de cartons de Makwala ont d’ailleurs été incinérés à Matadi pour cause de mauvaise conservation.
« Aujourd’hui, le bon poisson n’est plus à la portée du Matadien moyen. Seules les familles aisées peuvent s’en procurer », témoigne une ménagère rencontrée devant une chambre froide de la place.
Des inquiétudes à Kinshasa
À Kinshasa, la situation n’est guère différente. Sur les marchés de la capitale, vendeurs et consommateurs expriment leurs préoccupations face à la hausse du taux du dollar et à ses conséquences sur le pouvoir d’achat.
« Il n’y a pas beaucoup de ventes à cause de la montée du dollar. Si le taux baissait, tout le monde pourrait mieux s’en sortir », confie une vendeuse du marché central.
Un vendeur ambulant abonde dans le même sens :
« Je vends des pantalons jeans kaki, les “Chicho”. Nous achetions à 4 dollars, soit environ 6 000 FC. Aujourd’hui, c’est 7 000 FC. La vente devient difficile », explique-t-il.
À l’approche des fêtes de fin d’année, vendeurs et consommateurs espèrent une stabilisation du franc congolais et appellent les autorités économiques à prendre des mesures pour contenir la flambée des prix et soutenir le pouvoir d’achat des ménages.
La rédaction