Pour son premier Mondial depuis 52 ans, la République démocratique du Congo débute la compétition par du lourd. Les Léopards vont affronter mercredi le Portugal, l’une des équipes favorites pour le titre cette édition. Pour réussir ce défi, ils ne pourront pas compter sur une grande partie de leurs supporters qui subissent les mesures sanitaires en raison de l’épidémie d’Ebola dont Lumumba Vea.
Son visage a fait le tour du monde lors de la dernière Coupe d’Afrique des Nations. En quelques semaines, le supporter congolais, figé tel une statue représentant la statue de Patrice Lumumba, figure de l’indépendance du Congo, est devenu le symbole de la compétition.
Star internationale, Michel Kuka Mboladinga de son vrai nom, ne sera pourtant pas présent lors du premier match de l’équipe de RDC, mercredi 17 juin, contre le Portugal. Comme le rapporte le site Actualite.cd, il ne sera pas dans les tribunes, « victime des restrictions sanitaires liées à l’épidémie d’Ebola ».
Les inquiétudes liées au virus ont aussi perturbé l’arrivée de la sélection congolaise aux États-Unis. Les autorités américaines ont imposé une période d’isolement de 21 jours à la délégation, dont aucun des joueurs ne réside en RDC, avant son entrée sur le territoire jeudi dernier.
La RD Congo a été battue 2-1, le 11 juin, par le Chili mardi à Orléans pour son ultime match, disputé à huis clos, avant le début du tournoi. Les Léopards congolais, qui se sont préparés en Europe, devaient initialement effectuer un entraînement à Kinshasa mais ont finalement annulé ce déplacement « pour essayer de respecter tout ce qui a été préconisé en termes sanitaires », a déclaré la semaine dernière ministre congolais des Sports Didier Budimbu.
« Ils seront là »
Selon Actualite.cd, ces précautions ont aussi été prises pour Michel Kuka Mboladinga et d’autres supporters emblématiques de la sélection congolaise de football. Pour contourner l’obstacle des 21 jours imposés par les autorités américaines, « le gouvernement a mis en place une solution de repli : six chefs d’animation, dont Lumumba, Ndundu, Evoloko, Thomas et Yolela, ont été placés dans une bulle à Bruxelles en attendant l’obtention de leur visa américain ». « Pour le deuxième match, à Guadalajara au Mexique, ils seront là. Ça, c’est sûr », a ainsi assuré le ministre Didier Budimbu.
Tête d’affiche de « ces animateurs », Michel Kuka Mboladinga, surnommé aussi « Lumumba Vea » (Lumumba vit) est devenu un ambassadeur du pays. Cette performance est toutefois un « travail ». Après avoir joué le rôle de Lumumba pour le club de l’Association sportive Vita (AS Vita) de Kinshasa, il est désormais rétribué par la sélection congolaise qui prend en charge ses déplacements. Après la dernière CAN, il avait également reçu une voiture du ministère des Sports.
« C’est le gouvernement qui a créé les blocs léopards, donc nous, nous sommes là pour accompagner l’équipe nationale. Je ne suis pas seul. Donc nous sommes nombreux, donc avec papa Thomas, Malula et les autres », a-t-il expliqué récemment à TV5 Monde, ajoutant qu’il s’entraînait régulièrement à rester immobile pendant de longues heures.
D’après le Wall Street Journal, « il a aussi signé des contrats publicitaires avec les filiales locales du fabricant chinois de smartphones Tecno Mobile et de l’opérateur français Orange, ce qui, selon ses proches, lui permet de renouveler sa garde-robe et d’entretenir sa coiffure soignée ».
Après la dernière CAN, il avait également reçu une voiture du ministère des Sports. « Il sillonne Kinshasa à bord de cette élégante voiture noire, s’arrêtant parfois dans les centres commerciaux et les marchés pour saluer ses supporters enthousiastes », précise le journal américain.
En quelques mois, il est devenu une véritable icône pour tout un peuple, heureux de rendre hommage à Patrice Lumumba, Premier ministre du Congo durant quelques mois en 1960, renversé et assassiné l’année suivante à Shilatembo, dans le Haut-Katanga, par des séparatistes katangais et des mercenaires belges. »Tout comme Lumumba a sacrifié sa vie pour notre pays, le prix que je paie est faible compte tenu de l’attachement profond que j’ai pour cette équipe », a résumé Michel Kuka Mboladinga au Wall Street Journal.
Par la rédaction