Le dirigeant burundais Evariste Ndayishimiye est arrivé dans la capitale congolaise ce lundi pour une visite d’État des deux jours, sur invitation de Kinshasa. Allié de Félix Tshisekedi dans la rébellion sans précédent qui a déchiré l’est de la RDC, avec le soutien du Rwanda, Evariste Ndayishimiye atterri à Kinshasa avec la casquette de président de l’Union africaine (UA) en exercice, près des deux semaines après le rapport de Human Rights Watch accusant l’AFC-M23 et l’armée rwandaise de nombreuses exactions au Nord-Kivu, des actes « des crimes de guerre », qui ne peuvent passer sans effet dans le cercle de Tshisekedi.
Dans un communiqué officiel, Kinshasa a indiqué les échanges d’intérêt commun entre les deux dirigeants : la sécurité dans l’est du Congo et la lutte contre l’épidémie d’Ebola qui se propage en grande vitesse dans la partie orientale de la RDC. Sauf que parmi les trois provinces touchées par la maladie, le Sud-Kivu, frontalier de Bujumbura, présente une faible menace sur les 1048 cas confirmés, par rapport à l’Ituri, l’épicentre du virus et le Nord-Kivu, avec trois cas confirmés et un décès à cinq semaines après la déclaration officielle de l’apparition de cette 17e nouvelle flambée d’Ebola au pays.
Les combattants du M23, soutenus par le personnel militaire rwandais, auteurs des exactions au Nord-Kivu
Dans ce rapport de l’ONG Human Rights Watch de 87 pages, intitulé « La mort était partout », l’organisation internationale qui défend les droits humains, a documenté les campagnes de recrutement forcé ciblant les civils et les combattants capturés (Wazalendo, l’armée congolaise et de policiers) après la chute de Goma début 2025, y compris des enfants âgés en peine 12 ans « ont été recrutés, parfois volontairement, mais souvent de force », indique HRW, en citant les rebelles du M23 et les éléments de l’armée rwandaise d’en être auteurs.
Ces exactions dont meurtres, torture, des châtiments corporels et les combattants du M23, soutenus par les militaires rwandais « ont eu recours au travail forcé et à des enfants soldats », n’avaient pas suscité les réactions instantanées et multiples du régime de Kinshasa, pourtant très actif dans les actions diplomatiques depuis la dégradation de la crise sécuritaire dans cette partie dont la quasi-totalité est sous contrôle de l’AFC-M23.
Les accusations continuent du gouvernement congolais ont scellé les sanctions américaines ( portées par les accords entre Kinshasa et Washington) contre plusieurs responsables du Rwanda et du camp du Mouvement politico-militaire l’AFC-M23 ainsi au prédécesseur de Tshisekedi, Joseph Kabila, sous peine de mort, jugé en contumace, plusieurs fois accusé d’être le Boss de la milice M23, qui affiche la volonté de prendre de force le pouvoir de Kinshasa par les armes sous sa nouvelle version des « Libérateurs ».
Tshisekedi veut relancer une offensive diplomatique ?
Devant les communautés internationales, le dirigeant congolais Félix Tshisekedi avait demandé l’année dernière la reconnaissance du génocide en République démocratique du Congo (RDC): avec les discours des millions des morts et les déplacements records de la population dans la région en conflit ainsi la crise humanitaire, provoqués de suite au conflit en cours.
Depuis la résurgence du groupe rebelle M23, l’armée congolaise, accompagnée par les miliciens locaux, nommés Wazalendo, se voit inactive sur le terrain, le chef de l’État congolais Félix Tshisekedi a invité son homologue burundais, son allié dans ce moment de crise sécuritaire aux enjeux multiples, pour accentuer sur la question de la guerre aux croisées de l’enquête accablante qui fait détériorer l’image de ses détracteurs de plus en plus.
David Ekutshu