Il est possible de contenir la dernière épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) à condition que des mesures appropriées soient prises au cours des deux prochaines semaines, a affirmé vendredi un responsable de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).
« C’est possible, mais cela sera difficile », a estimé Patrick Otim, responsable de programme à l’OMS, lors d’un point presse à Genève, appelant à un soutien accru au gouvernement et à ses partenaires.
Il a indiqué que 400 doses de vaccin contre Ebola étaient arrivées à Bulape, épicentre de l’épidémie dans la province du Kasaï, et que la campagne de vaccination pourrait débuter dès samedi. Une fois que toutes les opérations seront en place, l’OMS disposera d’environ 1.500 doses supplémentaires à Kinshasa qui seront acheminées dès que la chaîne du froid ultra-basse sera mise en place.
Sur le terrain, un nouveau cas a été confirmé hier jeudi. Cela porte le nombre total de cas confirmés à 25 dont 14 décès parmi les cas confirmés. Cela donne un taux de létalité de 50,6 %.
« Ainsi, lorsque nous parlons de 30 cas suspects, certains d’entre eux s’avèrent négatifs, ce qui modifie constamment le tableau », a détaillé M. Otim.
Taux disproportionné de femmes touchées
Le détail des cas montre trois décès parmi les enfants de moins de cinq ans, avec un taux disproportionné de femmes touchées. 55 % des cas confirmés et 67 % des décès enregistrés jusqu’à présent concernent des femmes.
Face à la hausse des cas, les autorités sanitaires congolaises et l’OMS misent sur des interventions ciblées, en mettant en place un système de recherche des contacts, qui a permis d’identifier plus de 560 contacts. « Hier jeudi 91 % d’entre eux ont été visités. Nous essayons de nous assurer que nous pourrons couvrir 100 % des contacts au cours des prochains jours », a précisé l’OMS.
Ce pays d’Afrique centrale a une longue histoire avec Ebola depuis 1976. La dernière flambée est la 16e dans le pays et la 7e dans la province du Kasaï. Mais il s’agit de la première épidémie dans le Kasaï depuis 18 ans. La dernière remonte à 2007.
Elle survient dans un contexte épidémiologique et humanitaire complexe. La RDC fait simultanément face à plusieurs autres épidémies, notamment le mpox, le choléra et la rougeole.
Des zones isolées et difficiles d’accès
De plus, les équipes sanitaires doivent faire face à un problème d’accès. Le nouveau cas confirmé se trouvait à 70 km de l’épicentre actuel, ce qui nécessite d’importantes ressources.
« Nous disposons de l’hélicoptère pour deux semaines seulement, après quoi nous devrons voir si nous pouvons continuer sans lui. C’est très coûteux. Nous devons mettre en place de nouvelles installations de traitement, car l’épidémie pourrait s’étendre », a affirmé M. Otim.
L’agence onusienne est en train de finaliser, avec ses partenaires, le plan régional de préparation et d’intervention, qui devrait être lancé ce week-end. Mais le coût total prévu pour les trois prochains mois s’élève à 20 millions de dollars. Il viendra s’ajouter au plan d’intervention national, celui du gouvernement congolais, qui coûte 78 millions de dollars.
Par la rédaction