L’opposant Jean-Marc Kabund-a-Kabund, ancien proche de Félix Tshisekedi, estime que les récents propos du chef de l’État rwandais Paul Kagame, réclamant des terres à la RDC, doivent interpeller l’ensemble de la classe politique congolaise sur ses véritables intentions. Dans sa communication faite ce samedi 7 février 2026, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a affirmé que la guerre menée par la rébellion de l’AFC/M23 vise à balkaniser le pays.
« Les récentes déclarations du Président rwandais Paul KAGAME, affirmant que la RDC aurait indûment bénéficié de terres rwandaises lors de la Conférence de Berlin, devraient interpeller tout Congolais animé par un véritable esprit patriotique. Ces propos, que certains banalisent, constituent en réalité un pas dangereux vers la balkanisation de notre pays. Toute la classe politique congolaise doit les considérer comme une déclaration de guerre stratégique. Ceci devait plus interpeller ceux des congolais qui sont à l’AFC/M 23, ils doivent comprendre que la guerre qu’ils mènent a pour objectif la balkanisation de notre pays. Paul Kagame ne mène pas un combat conjoncturel contre un régime en place en RDC », a fait remarquer JM Kabund a Kabund, ancien cadre de l’UDPS/Tshisekedi
Pour lui, cette guerre s’inscrit, au contraire, avec l’appui de certaines multinationales, dans une stratégie de long terme, mûrie, structurée et planifiée, visant à arracher la partie Est de la RDC.
« Il a su exploiter le désordre institutionnel, l’anarchie étatique, la fragilité structurelle et la traîtrise des certains congolais en quête du positionnement personnel, qui caractérisent la RDC depuis la Deuxième République, pour installer le chaos dans l’Est de notre pays, tout en organisant le sien, en le présentant comme un État stable, organisé, avec un climat des affaires attractif. Ainsi, il a convaincu les multinationales qu’il est plus simple, plus rentable et plus sécurisé pour eux d’acheter les minerais du Congo au Rwanda, plutôt qu’en RDC, où elles se heurtent aux lourdeurs administratives, à l’insécurité juridique, à l’injustice et à la corruption systémique », a déclaré Jean-Marc Kabund a Kabund.
De fil en aiguille, a-t-il poursuivi, ces multinationales, qui détiennent une part déterminante du pouvoir réel dans le monde, finissent par soutenir la cause rwandaise auprès des grandes puissances, malgré les multiples atrocités commises sur le sol congolais. Selon lui, comme le dit l’adage, l’argent n’aime pas le bruit.
Depuis la résurgence de la rébellion de l’AFC/M23, soutenue par le Rwanda et aujourd’hui gestionnaire de vastes pans du territoire national, la classe sociopolitique congolaise reste divisée. Du côté du régime, il est estimé que la crise actuelle que traverse le pays est essentiellement sécuritaire, résultant de l’agression rwandaise, et qu’il n’existe ni crise de légitimité ni crise politique. Dans cette optique, le pouvoir en place ne considère pas le dialogue national inclusif comme une priorité, préférant privilégier les processus de Washington et de Doha comme réponses à la crise.
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