Le procès du général d’armée Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major général des Forces armées de la RDC (FARDC) et ancien conseiller militaire du chef de l’État, et ses coaccusés s’est poursuivi ce mardi 21 juillet, devant la Haute Cour militaire, à Kinshasa. Au cours de l’audience, les avocats de Tshiwewe ont sollicité la mise en liberté provisoire de leur client, poursuivi avec d’autres officiers militaires pour plusieurs chefs d’accusation notamment complot, propagation de faux bruits, trahison, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi qu’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline.
Me Parfait kanyanga, le solliciteur auprès de la Cour, la mise en liberté provisoire à l’encontre de Tshiwewe, a demandé à la Haute Cour militaire d’accorder à son client, à tout le moins, une liberté provisoire assortie de mesures de contrôle, rapporte 7 sur 7.cd. Selon lui, aucun élément ne permet de craindre une fuite de l’ancien chef d’état-major général des FARDC. Il a également soutenu que, compte tenu des fonctions stratégiques exercées par son client et des secrets de défense dont il est détenteur, la prison militaire de Ndolo, où il est actuellement détené, ne constitue pas un lieu de détention approprié, indique la source.
Me Parfait Kanyanga a par ailleurs dénoncé plusieurs irrégularités qui auraient entaché la procédure depuis l’arrestation de son client, le 9 juillet 2025. Il a notamment affirmé que l’instruction préparatoire devant un officier de police judiciaire (OPJ) n’aurait jamais été menée, pas plus que l’instruction préjuridictionnelle devant l’officier du ministère public.
À l’en croire, le ministère public n’aurait pas pris le temps de vérifier l’existence d’indices sérieux et suffisants de culpabilité avant de transférer le général Christian Tshiwewe à la prison militaire de Ndolo, en violation des règles de procédure, souligne le site d’information.
D’autres officiers généraux et supérieurs poursuivis dans ce dossier ont également soulevé diverses exceptions de procédure. Ils ont notamment demandé à la Cour d’écarter certains procès-verbaux établis au cours de l’enquête, qu’ils jugent irréguliers. Certains ont également sollicité leur mise en liberté provisoire.
Au total, dix officiers généraux et supérieurs comparaissent dans cette affaire pour plusieurs chefs d’accusation, notamment complot, propagation de faux bruits, trahison, violation des consignes, désertion à l’étranger, détention illégale d’armes et de munitions de guerre, ainsi qu’incitation de militaires à commettre des actes contraires au devoir ou à la discipline, en pleine guerre sans précédent qui déchire la République démocratique du Congo (RDC) dans sa partie l’est, entre l’armée congolaise et ses alliés contre l’AFC-M23, qui cherche de prendre de force le pouvoir de Kinshasa, une plateforme politico-militaire chapeautée par plusieurs cadres de l’ancien régime, soutenue par le Rwanda.
Parmi les principaux prévenus figurent les généraux d’armée Christian Tshiwewe, ancien chef d’état-major général des FARDC, et John Numbi, ancien inspecteur général des FARDC. Sont également poursuivis le général-major Maurice Nyembo Kufi, les généraux de brigade Chinyabuuma Kamukinde, John Ngoy wa Kabila et John Sangwa Muhemedi, ainsi que les colonels Guy Mukombozi Zahinda, Pathy Sangwa Lumbu et Christophe Tshibangu Kenge.
À ces officiers 7 sur 7.cd cite un prévenu civil, Pascal Nyembo Muyumba, ancien directeur général du Centre d’expertise, d’évaluation et de certification des substances minérales précieuses et semi-précieuses (CEEC).