À la veille de la marche nationale de la coalition de l’opposition C64, prévue ce mardi 15 septembre 2026, les lignes ont bougé à Kinshasa. Réunis lundi à l’Hôtel de ville, les représentants de la coalition de l’opposition baptisée Article 64 (C64) et les autorités provinciales se sont mis d’accord sur le parcours de la manifestation contre le projet du pouvoir en place de changer la constitution.
Après plusieurs heures de discussions, un accord a été trouvé sur l’itinéraire que devront suivre les manifestants. Initialement prévue jusqu’au Palais du Peuple dans la commune de Lingwala, la marche de l’opposition s’arrêtera finalement devant le siège de la Commission électorale nationale indépendante (CENI), dans la commune de la Gombé.
Bien que cette marche coïncide le jour de la rentrée parlementaire, le Palais du peuple où se déroule les activités des élus nationaux, ne constituera donc plus le point de chute de la manifestation. Et c’est désormais la CENI qui accueillera le rassemblement final des manifestants de l’opposition.
La réunion tenue à l’Hôtel de ville avait notamment pour objectif d’encadrer la marche afin d’éviter tout désordre ou acte de violence dans la capitale. Les représentants de la C64 et les autorités provinciales ont ainsi discuté des modalités liées au déroulement de la manifestation.
En juin dernier, le collectif d’opposants réunis autour de la C64, avait également manifesté contre la loi référendaire, votée aux deux chambres du parlement qui attend sa promulgation, une journée qui a été tournée au théâtre des affrontements entre les agents de l’ordre avec l’appui de la Force du progrès, une branche du parti présidentiel, contre les manifestants, faisant un mort et une trentaine de blessés du côté de la (C64), coalition spéciale lancée pour contrer le projet de la réforme des textes constitutionnels.
Ce nouvel appel à manifester ce mardi 15 septembre dans l’ensemble du pays, intervient dans un contexte de tension entre l’opposition et le cercle de Tshisekedi, après que le président de la République a fixé le cadre du déroulement du Dialogue national inclusif pour sortir le pays dans l’impasse politico-militaire, en mettant de côté le Mouvement rebelle du M23, un acteur majeur dans la crise sécuritaire, et son prédécesseur Joseph Kabila, accusé de soutenir la guerre dans l’est de la RDC. Et Félix Tshisekedi s’est placé comme le maître du jeu dans ce processus qui prévoit de discuter sur les causes profondes de la crise politique et sécuritaire sans précédent en RDC.