Le ministre de la Justice Guillaume Ngefa a annoncé ce mercredi 21 octobre 2026, la suspension provisoire de l’admission de nouveaux détenus à la prison centrale de Makala, à Kinshasa » sauf dérogation dûment justifiée ». La plus grande maison carcérale du pays conçue pour 1 500 personnes, l’établissement en compte aujourd’hui 16 155, dont 303 femmes et 201 enfants en conflit avec la loi. Ainsi la majorité de détenus sont en détention préventive.
Les conditions carcérales à la prison centrale de Makala restent critiques. En février dernier, les autorités avaient également pris la décision de même nature suite à l’épidémie du choléra déclarée dans cet établissement. Cette nouvelle mesure décrit par les autorités congolaises comme conservatoire pour répondre aux impératifs sécuritaires, sanitaires et humanitaires. Objectifs : prévenir une aggravation des conditions de détention et préserver la sécurité ainsi que la dignité des personnes privées de liberté.
Cette décision exceptionnelle intervient sous deux volets : la République démocratique du Congo (RDC) est frappée par la crise sanitaire liée à la maladie à virus Ebola, portée par la souche Bundibugyo, loin d’être maîtrisée depuis mai dernier, qui sévit dans huit provinces du pays, et Kinshasa reste épargnée jusqu’à présent. Cette mesure intervient également dans un contexte de surpopulation carcérale particulièrement préoccupante. Il y a quelques jours, les autorités compétentes ont annoncé de procéder à l’examen de dossiers des détenus pour la mise en liberté sur fond de conditions carcérales.
David Ekutshu