La République démocratique du Congo a demandé au Conseil de sécurité des Nations unies réuni ce mardi à New-York, de prendre des mesures concernant la participation du Rwanda aux opérations de maintien de la paix de l’ONU. Par la voix du représentant permanent de la RDC auprès des Nations unies, Zénon Mukongo Ngay, le gouvernement congolais a appelé à la suspension de toute nouvelle participation de contingents rwandais aux missions de paix de l’organisation, visant l’est de la RDC, en proie au conflit sans précédent entre l’armée congolaise et ses alliés contre le Mouvement armé du M23 soutenu par le Rwanda et les forces militaires rwandaises.
« La République démocratique du Congo réitère sa demande de suspension de toute nouvelle participation, de tout nouveau déploiement ou de toute rotation de contingents rwandais au sein des opérations de paix des Nations Unies, et ce, jusqu’au retrait vérifié de leurs forces du territoire congolais », a déclaré le diplomate congolais.
Pour Kinshasa, cette demande est directement liée à la situation sécuritaire persistante dans l’Est de la RDC et aux engagements contenus dans la résolution 2773 du Conseil de sécurité, adoptée en février 2025. Cette résolution appelle notamment au retrait des forces rwandaises du territoire congolais et exige du M23 la cessation des hostilités ainsi que le retrait des zones occupées. À ce jour, les textes n’ont toujours pas d’influence sur terrain.
À l’ONU, le représentant congolais a également dénoncé ce qu’il considère comme une contradiction entre le rôle du Rwanda dans les opérations de maintien de la paix et les accusations formulées par Kinshasa concernant son implication dans le conflit dans l’Est de la RDC.
« Un État dont les forces sont mises en cause dans le conflit ne peut, dans le même cas temps, prétendre contribuer à une opération chargée de préserver la paix et la confiance des populations », a-t-il soutenu.
La RDC souhaite ainsi que toute nouvelle rotation ou tout nouveau déploiement de militaires rwandais dans les opérations de paix des Nations unies soit suspendu jusqu’à la vérification du retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Une demande scellée dans les déclarations principes conjointes en vigueur mais qui stagnent dans la vie réelle.
Preuve : Kinshasa a également porté devant les pays membres de l’agence onusienne la question d’une frappe de drone qu’elle attribue aux Forces de défense rwandaises dans la région de Pinga, au Nord-Kivu. Selon les autorités congolaises, cette attaque, survenue le 28 septembre, aurait fait cinq morts et huit blessés graves. La RDC demande que les faits soient vérifiés par les mécanismes compétents des Nations unies, avec l’appui de la MONUSCO.