Alors que des malades d’Ebola continuent de mourir chez eux ou dans leur communauté, faute d’avoir pu rejoindre à temps un centre de santé, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) rappelle le rôle vital de l’oxygène médical en République démocratique du Congo (RDC). Élément clé des soins de soutien, il sauve des vies, en particulier chez les patients atteints d’une forme grave de la maladie.
Selon l’OMS, l’oxygène sert à traiter un large éventail d’affections, à toutes les étapes de la vie. Pourtant, il reste « indisponible ou peu fiable dans de nombreux établissements de santé, notamment dans les situations d’urgence ».
En RDC, l’enjeu dépasse la simple fourniture de bouteilles ou de concentrateurs.
L’oxygène médical, un soin essentiel
L’approvisionnement en oxygène repose sur toute une chaîne : des systèmes de santé opérationnels, des infrastructures fiables, des soignants formés et des systèmes de distribution durables « qui permettent d’atteindre les patients où qu’ils se trouvent ».
Dans les zones frappées par une urgence sanitaire, chacun de ces maillons est particulièrement difficile à maintenir.
La Dre Janet Diaz dirige l’unité « Soins sûrs et évolutifs » du Programme des urgences sanitaires de l’OMS. Elle rentre d’une deuxième visite en RDC depuis le début de l’épidémie provoquée par le virus Bundibugyo.
Lors d’un point de presse à Genève, elle a souligné le chemin parcouru : « Sans les efforts déployés précédemment pour développer l’accès à l’oxygène lors des interventions contre Ebola et Marburg, nous n’en serions pas là où nous en sommes aujourd’hui en termes de résultats plus positifs pour les patients. »
À l’occasion de la Journée mondiale de l’oxygène, vendredi 2 octobre, l’OMS plaide pour des investissements durables dans les systèmes d’oxygène médical, afin d’améliorer leur disponibilité en période d’épidémie comme en dehors des crises.
Amélioration « soutenue » de l’épidémie
Sur le terrain, cette nécessité s’inscrit dans un contexte où la riposte sanitaire se poursuit, malgré une évolution globalement favorable de l’épidémie. Au 27 septembre, 8 116 cas confirmés, dont 3 924 décès, ont été recensés dans 7 provinces et 63 zones de santé.
Selon les autorités sanitaires congolaises, 817 patients restent en isolement ou hospitalisés, tandis que 18 nouvelles guérisons portent à 2 088 le nombre total de patients sortis guéris.
Plus largement, l’OMS fait état d’une « amélioration soutenue », avec une baisse de 20,3 % des nouveaux cas et de 24,2 % des décès au cours des deux dernières périodes de 14 jours.
En Ituri, l’incidence diminue progressivement depuis le pic observé à la mi-août, mais la transmission demeure élevée, notamment à Mandima, Nia Nia et Mongbwalu, où la situation continue de se dégrader.
Cette évolution, bien que marquée par une baisse de la transmission dans certaines zones, ne doit toutefois pas masquer la persistance d’un nombre élevé de cas et les difficultés d’accès aux soins.
La riposte s’intensifie sur le terrain
« Nous savons que, dans le cas de la maladie à virus Ebola, un accès précoce aux soins peut considérablement améliorer les chances de survie. Or, lors de cette épidémie, de nombreuses personnes meurent encore chez elles ou au sein de leur communauté, car elles ne parviennent pas à se rendre à temps dans un établissement de santé », a ajouté la Dre Diaz.
Les retards dans la recherche de soins, associés aux difficultés d’accès et d’orientation vers les structures spécialisées, compliquent la riposte. L’OMS et ses partenaires renforcent ainsi la détection précoce, les systèmes d’orientation rapide et l’accès aux soins de soutien.
Sur le plan clinique, les autorités congolaises et leurs partenaires ont porté la capacité de prise en charge de quelques lits au début de l’épidémie à plus de 1 600 lits dans 50 centres de traitement, avec une extension prévue à plus de 2 000 lits. Près de 350 professionnels de santé ont été formés, tandis que le centre récemment inauguré à Bunia forme chaque semaine entre 30 et 60 soignants.
Par ailleurs, la vaccination progresse dans plusieurs provinces. En Ituri, 158 personnes ont été vaccinées, portant le total à 536, « sans manifestation indésirable signalée ». Au Bas-Uele, 500 doses d’ERVEBO sont arrivées et la vaccination se poursuit à Buta. Dans la Tshopo, 4 953 personnes en première ligne ont déjà été vaccinées.