La maladie à virus Ebola qui se propage en grande vitesse dans la partie l’est de la RDC et en Ouganda, vient d’atteindre l’Europe. La France a officiellement annoncé ce mercredi un premier cas identifié sur son territoire, chez un médecin humanitaire de son retour dans l’une « des zones de circulation du virus en République démocratique du Congo ».
Dans un communiqué officiel du ministère français en charge de la Santé, indique que ce patient a été « immédiatement pris en charge dans un établissement spécialisé et se trouve dans un état stable ».
L’Organisation mondiale de la santé (OMS), avait déclaré que cette 17e apparition de l’épidémie d’Ebola est une « urgence de portée internationale ». Cette nouvelle flambée d’Ebola a été reconnue mi-mai, en période de la Coupe du monde de football dont les États-Unis sont co-organisateurs. Le gouvernement américain avait fermé les frontières pour les voyageurs venus de la RDC, de l’Ouganda et du Soudan du Sud, les zones à haut risque de propagation de l’épidémie.
Le personnel soignant, en première ligne
Le coût humain pèse aussi sur les équipes médicales. Auprès de RFI, l’INSP fait savoir que 78 agents de santé ont été contaminés depuis le début de l’épidémie, et 18 en sont morts, soit une létalité de 23,1% chez les soignants, supérieure à la moyenne nationale.
L’institut attribue ce risque élevé à l’insuffisance des équipements de protection individuelle et de chlore disponibles sur le terrain. Quelques semaines plus tôt, la Division provinciale de la santé avait fait état de 14 décès parmi les prestataires de première ligne : trois médecins et onze infirmiers. Le rapprochement entre ces deux chiffres reste à préciser ; ils ne couvrent pas nécessairement la même période ni les mêmes catégories de personnel, ajoute la source.
Le monde mobilisé pour la riposte
Plusieurs pays du monde dont les États-Unis, ont annoncé leur financement pour répondre à l’épidémie d’Ebola, portée par la souche Bundibugyo, qui a franchi la barre de plus de mille cas confirmés et plus de 250 décès dans les trois provinces touchées en RDC. Il y a quelques semaines, l’Union européenne avait également débloqué 5 millions d’euros supplémentaires pour soutenir la riposte de la maladie qui fait face à de multiples défis sur terrain.
Pour ce premier cas enregistré en France, Paris juge dans sa note officielle, faible le risque d’infection pour les résidents européens et les voyageurs se rendant en zone de circulation active, et très faible pour la population européenne en général. Bruxelles avait d’ailleurs rejeté au nom de l’Union européenne, la demande du locataire de la Maison Blanche, de fermer les frontières aux voyageurs des pays concernés actuellement au virus.
David Ekutshu