Intervenant devant le Conseil de sécurité des Nations unies, ce lundi 2 mars 2026, à New-York, lors d’un débat consacré à la protection des enfants à l’ère du numérique, l’ambassadeur de la République démocratique du Congo, Zénon Ngay Mukongo a livré un plaidoyer ferme en faveur du droit à l’éducation en contexte de conflit, tout en dénonçant les conséquences directes de la guerre qui ravage la partie est du pays entre l’armée congolaise et ses alliés contre l’AFC-M23 soutenue par le Rwanda.
« Depuis plus de trois décennies, notre pays connaît des cycles récurrents de violence et de conflits armés, particulièrement dans sa partie orientale », a-t-il déclaré.
Le représentant permanent de la RDC à l’ONU a rappellé que des millions d’enfants congolais sont privés d’un droit fondamental : celui d’accéder à « une éducation sûre, inclusive et de qualité ».
Une dénonciation explicite des exactions de l’AFC-M23 et l’armée rwandaise
Parmi les conséquences évoquées : Sur 8 400 écoles, 1 768 ne sont plus fonctionnelles, 167 établissements sont occupés par des groupes armés ainsi que 72 214 élèves, dont 36 068 filles, sont directement affectés.
« la gratuité de l’enseignement est mise à mal », a t-il ajouté. Les troupes rwandaises et les rebelles du M23 ayant décidé « d’imposer des frais de scolarité dans les écoles publiques et privées des territoires sous leur contrôle ».
Une stratégie pour l’éducation en situation d’urgence
Au-delà de la gratuité, la RDC a adopté en 2025 une Stratégie de l’éducation et de la formation en situation d’urgence 2025-2029.
Dans son exposé, le Diplomate congolais a expliqué la quintessence de cette stratégie visant « à bâtir un système éducatif résilient, inclusif et protecteur capable de garantir la continuité de l’apprentissage avant, pendant et après les crises ».
Dans ce contexte, le numérique est présenté comme un levier essentiel.
« Le recours au numérique s’impose aujourd’hui comme une voie essentielle pour atténuer les effets des conflits sur l’éducation », a-t-il affirmé, citant les plateformes d’apprentissage à distance et les outils mobiles comme solutions pour maintenir le lien pédagogique avec les enfants déplacés ou vivant dans des zones enclavées.
Un appel à la responsabilité internationale
À cet effet, le pays de Félix Tshisekedi a insisté sur la nécessité de replacer les droits de l’enfant et le respect du droit international humanitaire au cœur des stratégies de paix.
« La technologie ne doit jamais être un facteur d’exclusion pour nos enfants. Elle doit au contraire devenir un instrument de résilience, de réparation et d’égalité des chances », a conclu l’ambassadeur appelant à un appui international renforcé pour le développement d’infrastructures éducatives et numériques dans les zones affectées par les conflits.
Avec la cellule de communication du Ministère de l’Education nationale