En proclamant Kinshasa capitale africaine de la bande dessinée, le gouverneur Daniel Bumba a voulu donner une âme culturelle à son programme “Kinshasa Ezo Bonga“ (Kinshasa se modernise). C’était une image peu commune à l’Académie des Beaux-Arts. Un gouverneur au milieu des bulles, des caricatures géantes et des planches d’auteurs.
En clôturant la 7ème édition du Salon africain de la bande dessinée et de l’Autre Musik (SABDAM), le gouverneur de la ville de Kinshasa Daniel Bumba, a choisi de parler de la culture là où on l’attendait sur l’assainissement.
Pour le chef de l’exécutif provincial, le pari est clair : on ne redressera pas Kinshasa qu’avec des camions et des policiers. Il faut d’abord toucher les consciences. Et pour cela, il a trouvé un allié : la Bande Dessinée (BD).
« La vraie révolution est d’abord culturelle. La culture, c’est tout ce qui nous reste quand on a tout perdu », a-t-il martelé devant un parterre de bédéistes venus du continent.
Dans une mégapole où l’incivisme, le non-respect du code de la route qui provoque les embouteillages monstrueux, les marchés pirates qui entraînent les déchets à ciel ouvert… sont devenus le quotidien des Kinois, le gouverneur voit dans le dessin un langage universel.
« Nous attendons de la bande dessinée qu’elle contribue à transformer les mentalités des Kinois», a-t-il lancé, plaidant pour des dessins capables de faire passer les messages de civisme là où les communiqués échouent.
Vers une diplomatie de la caricature
Au-delà du discours, Daniel Bumba a annoncé une ouverture : s’appuyer sur l’expertise des artistes étrangers présents à Kinshasa pour muscler les campagnes de sensibilisation de son programme quinquennal ” Kinshasa Ezo Bonga” “Kinshasa est en train de changer en bien”.
Un programme qui, rappelle-t-on, s’articule autour de l’assainissement, de l’embellissement, de la santé de proximité et de la lutte contre le banditisme urbain.
Le gouverneur n’a pas manqué de lancer un appel aux familles, invitant les parents à remettre la BD au cœur de l’éducation des enfants, pour “l’imagination, les valeurs citoyennes et le goût de la lecture”.
La cérémonie s’est achevée par un geste hautement symbolique : la proclamation officielle de Kinshasa comme capitale africaine de la bande dessinée. Une consécration pour une ville qui a vu naître des légendes du 9ème art et qui entend désormais en faire un instrument de son rayonnement.
En marge, des caricatures à son effigie lui ont été remises par les maîtres du salon, Barly Baruti et Cash Tembo, ainsi que par les étudiants de l’université Académie des Beaux-Arts sous le regard du ministre provincial de la Culture Bob Amisso Yoka Lumbila.