Alors que le gouvernement congolais a récemment interdit l’exclusion des élèves filles enceintes dans les établissements scolaires publics et privés, les écoles conventionnées catholiques s’opposent à cette décision. Elles invoquent l’article 5 de leur règlement intérieur, qui met l’accent sur « la moralité et la discipline des élèves en matière de mœurs ».
Dans une note circulaire datée du 14 juillet 2025, le ministère de l’Éducation nationale soulignait que « les abandons scolaires liés aux grossesses précoces compromettent l’avenir des filles et renforcent les inégalités ». Cependant, la Commission Épiscopale pour l’Éducation Chrétienne (CEEC) et la Coordination Nationale des Écoles Conventionnées Catholiques (CONAT ECCATH) déclarent que cette mesure ne peut s’appliquer dans leurs écoles, en vertu des articles 1, 2 et 3 de leur propre règlement.
La CEEC et la CONAT ECCATH précisent par ailleurs que la lettre du ministère n’a pas été adressée à leur coordination nationale, ce qui, selon elles, confirme qu’elles ne sont pas concernées par cette mesure.
D’ailleurs, comme vous pouvez le constater, Monsieur le Secrétaire général est bien conscient que sa lettre ne s’applique pas aux écoles conventionnées catholiques, raison pour laquelle aucune copie n’a été transmise à notre coordination, peut-on lire dans leur communiqué.
Les écoles catholiques confirment donc leur position : les élèves filles enceintes ne seront pas admises dans leurs établissements, partout en République démocratique du Congo. Pour l’instant, les autorités n’ont pas encore réagi officiellement à ce refus, malgré le poids que représentent ces écoles dans le système éducatif congolais.

David Ekutshu
