À Durban, sur la côte est sud-africaine, les manifestations anti-immigration continuent : des membres du mouvement « March and March » ont provoqué une altercation en se rendant le 3 septembre 2026 devant un campement de centaines d’étrangers. Ce groupe de différentes nationalités affirme être présent légalement dans le pays et que ses membres ont quitté leur domicile ces derniers mois par peur des représailles xénophobes.
Cela fait plus de trois mois que ces personnes campent sur la rue Che Guevara, devant des bureaux du ministère de l’Intérieur, à Durban, grande ville du sud-est de l’Afrique du Sud.
Parmi eux se trouvent nombre de Congolais, comme Raphael Bahebwa, religieux venu de RDC il y a plus de 25 ans. « Je ne suis pas allé à mon habitation depuis au moins la première semaine de juin, explique-t-il. Parmi les gens qui nous ont attaqués, à Che Guevara, l’un d’eux m’a pointé du doigt et a dit : « Toi, on te connaît et on sait à quel endroit vous restez. » C’est ce qui me fait peur. Mais moi, je suis pasteur, je suis un homme de Dieu. S’il y a une injustice, il faut toujours que je puisse parler ».
La police a dû disperser la foule
La confrontation avec les manifestants réclamant leur départ s’est soldée par plusieurs blessés et un étranger arrêté après un jet de pierre. La police a dû disperser la foule.
Les associations de défense des droits humains comme Siyafana Sonke Action Campaign continuent de réclamer des mesures de protection. Yeshelen Govender, l’un de ses représentants, souligne : « Nous avons demandé depuis le début que des hébergements temporaires d’urgence soient proposés, que tout le monde puisse avoir accès à des services de santé, et que tous les enfants qui se trouvent là puissent retourner à l’école. Mais nous n’avons jamais pu obtenir ces garanties de la part du gouvernement, et sa réponse n’est pas assez ferme face à ce groupe xénophobe.»
« Nettoyer » la rue
De leur côté, les militants de March and March ont justifié leur action en faisant part de leur volonté de « nettoyer » la rue.
Le KwaZulu-Natal, province de la métropole portuaire de Durban, est l’épicentre du mouvement contre l’immigration clandestine qui dure depuis des mois en Afrique du Sud et ayant conduit des dizaines de milliers de ressortissants étrangers, principalement africains, à quitter le pays.
Infos RFI