L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) continue de progresser plus rapidement que les efforts déployés pour la contenir, malgré d’importants progrès dans la prise en charge des patients et une mobilisation croissante des communautés.
Lors d’un point de presse à Genève, le chef de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Tedros Adhanom Ghebreyesus, a indiqué mercredi que, plus d’un mois après le début de l’épidémie, les équipes de première ligne avaient considérablement renforcé les capacités de dépistage et de traitement, à un rythme inédit. Les conditions d’intervention restent toutefois extrêmement difficiles.
« Il est encourageant de constater que, cinq semaines après la déclaration de l’épidémie, la riposte s’est considérablement renforcée », a-t-il déclaré.
En un peu plus d’un mois, les capacités d’hospitalisation sont passées de moins de 10 lits à plus de 500, répartis dans 19 centres de santé. Dans le même temps, les capacités de dépistage en laboratoire ont été multipliées. De 30 tests par jour dans la capitale congolaise, Kinshasa, elles dépassent désormais les 2 000 tests quotidiens grâce à neuf laboratoires répartis dans trois provinces.
Un diagnostic précoce qui sauve des vies
Selon Tedros Adhanom Ghebreyesus, les populations sont de plus en plus nombreuses à chercher des informations et une assistance pour se protéger.
« De plus en plus de communautés prennent conscience des risques liés à Ebola et demandent les moyens et le soutien nécessaires pour se protéger », a-t-il souligné.
À ce jour, plus d’une centaine de personnes ont guéri, un résultat qui montre qu’un diagnostic précoce et une prise en charge adaptée permettent de sauver des vies.
Mais les besoins demeurent immenses. « Nous comptons désormais 1 094 cas confirmés, dont 277 décès », a indiqué le chef de l’OMS. « L’épidémie continue de progresser rapidement ».
La propagation du virus continue par ailleurs d’inquiéter les pays voisins. Si l’Ouganda a déjà enregistré 20 cas confirmés, dont deux décès, le Burundi et le Soudan du Sud n’ont pour l’heure détecté aucun cas. Le risque y demeure toutefois élevé en raison des passages fréquents de population à travers leurs frontières avec la RDC. Les deux pays ont activé leurs plans nationaux de préparation et de riposte.
De nouveaux traitements à l’essai
L’OMS et ses partenaires prévoient de lancer la semaine prochaine, en RDC, un essai clinique destiné à évaluer l’efficacité de deux traitements antiviraux, le MBP134 et le remdesivir, afin de déterminer s’ils permettent de réduire la mortalité liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola.
« Nous pourrions sauver beaucoup plus de vies grâce à ces traitements », a estimé le Dr Tedros.
Les communautés concernées sont étroitement associées à la préparation de cet essai et informées de son déroulement. Des dispositions sont également prévues afin que les populations touchées puissent bénéficier de ces traitements s’ils se révèlent efficaces.
Infos ONU