Le ministre de la Justice et Garde des Sceaux Guillaume Ngefa, a présenté vendredi 21 août 2026, le bilan de sa première année à la tête de ce ministère, mettant en avant les réformes engagées pour restaurer la crédibilité de la Justice, tout en reconnaissant la persistance de plusieurs défis structurels.
« Notre Justice souffre encore d’un certain nombre de dysfonctionnements qui nécessitent des réformes structurantes. La Justice d’un pays doit être revêtue du sceau de la crédibilité », a déclaré le ministre d’État lors d’un point de presse organisé par le ministère de la Communication et Médias Patrick Muyaya, dans le cadre de l’exercice de redevabilité du Gouvernement.
Partageant le plateau avec la ministre des Affaires étrangères Thérèse Kayikwamba Wagner, le patron de la justice a passé en revue la situation trouvée à son arrivée, les actions réalisées, les réformes engagées, les défis ainsi que les perspectives pour sa deuxième année à la tête du ministère.
Parmi les principales avancées, il a cité la création du Tribunal pénal économique et financier, le projet de loi anticorruption, la réforme de la justice militaire, la modernisation de l’Inspection générale des services judiciaires et pénitentiaires, l’opérationnalisation de la profession notariale ainsi que la transformation numérique du secteur à travers le programme « Justice 2.0 ».
Lutte contre l’impunité et le désert judiciaire
Dans le cadre de la lutte contre l’impunité, la corruption et les spoliations, le ministre d’État a indiqué avoir instauré un processus permanent de suivi des injonctions, dans le respect de l’indépendance de la Justice. Il a également annoncé l’ouverture prochaine de procès publics concernant plusieurs dossiers liés au phénomène « Folio ».
La lutte contre le désert judiciaire figure également parmi les priorités du ministère. Après la réalisation de nouvelles infrastructures judiciaires, notamment à Lubumbashi, Demba et Kinshasa/Kalamu, Guillaume Ngefa a annoncé la poursuite du projet de construction de six complexes judiciaires, destiné à améliorer la couverture judiciaire du territoire et à rapprocher davantage la Justice des citoyens.
Abordant la situation pénitentiaire, il a reconnu que la surpopulation carcérale, l’alimentation des détenus, l’accès aux soins et les conditions d’hygiène demeurent préoccupants, malgré les libérations conditionnelles, les transferts de détenus, les mesures de désengorgement et les projets de réhabilitation entrepris.
« La privation de liberté ne doit jamais devenir une privation de dignité », a-t-il souligné.
Le remplaçant de Constant Mutamba a, par ailleurs, relevé l’insuffisance des ressources financières affectées au secteur, estimant qu’un budget de l’ordre de 50 millions de dollars américains pour un pays de plus de 100 millions d’habitants reste largement inférieur aux besoins. Il a plaidé pour un financement plus conséquent, durable et prévisible afin d’accompagner les réformes.
La diplomatie judiciaire comme instrument de lutte contre l’impunité
Sur le plan international, Guillaume Ngefa a présenté la diplomatie judiciaire comme un levier de défense des intérêts de la République et de lutte contre l’impunité. Il a notamment évoqué la requête déposée par la RDC contre le Rwanda devant la Cour internationale de Justice (CIJ) le 26 juin 2026, le renforcement de la coopération avec la Cour pénale internationale (CPI), ainsi que les initiatives de coopération judiciaire avec plusieurs États.
Guillaume Ngefa a affirmé que les personnes impliquées dans les crimes commis en RDC dans le contexte du conflit dans l’Est devront répondre de leurs actes, y compris les ressortissants étrangers lorsque leur responsabilité est établie. Il a également évoqué, lorsque les conditions juridiques sont réunies, la responsabilité du supérieur hiérarchique ou du commandement.