Arrestations arbitraires, intimidations, dérapages… le Service national dont la plupart sont surtout anciens délinquants condamnés par la justice, engagés depuis plusieurs mois pour lutter contre l’insalubrité à Kinshasa, sèment la terreur à l’arrêt Pascal, un endroit commercial, très mouvementé sur le boulevard Lumumba, séparant Kimbanseke et Masina, des communes densément peuplées de la mégapole.
Cet endroit est illustré par l’incivisme environnemental, le non-respect du code de la route, des marchés pirates ainsi que le mauvais stationnement, est cependant, sous emprise des agents du Service national (SN) dont certains sont armés, par des actes en-dehors de leur mission bien établie.
Appelés désormais » Bâtisseurs de la nation « , le SN avec des bâtons en mains pour maintenir l’ordre : interpellent des collaborateurs de chauffeurs taxes et motos tricyclistes appelés communément Receveur, pour de faits absurdes, et contrôlent également la circulation routière. Pourtant, ils sont plus de 4 000 déployés à Kinshasa, une ville d’environ 17 millions d’habitants, qui produit plus de 15 000 tonnes de déchets tous les jours, notamment par les marchés pirates, pour l’assainissement.
Déjà interpellés
En juillet dernier, le commandant du Service national, le lieutenant-général Jean-Pierre Kasongo Kabwik, avait rappelé à l’ordre les bâtisseurs engagés dans les opérations d’assainissement de la ville de Kinshasa, les appelant à respecter strictement la mission qui leur a été confiée.
Cette mise au point a été intervenue à la suite d’incidents signalés lors des opérations de nettoyage. Certains bâtisseurs ont été accusés d’avoir adopté des comportements inappropriés pour dissuader la population de jeter des déchets sur la voie publique.
Réagissant à ces faits, le lieutenant-général Kasongo Kabwik avait insisté sur le fait que les agents du Service national ne sont pas habilités à interpeller ou à sanctionner les citoyens. Par ailleurs, Il avait rappelé que ces prérogatives relèvent exclusivement des services compétents.
À ce jours, rien ne semble changer. Les éléments du Service national (SN), une structure paramilitaire qui dépend de la présidence de la République, demeurent dans le dérapage et d’autres abus.