L’épidémie d’Ebola qui sévit en République démocratique du Congo (RDC) « progresse de façon exponentielle », a alerté ce vendredi 21 août le Coordinateur principal d’Ebola pour les Nations Unies.
S’exprimant depuis Bunia, épicentre de la maladie, Julien Harneis a indiqué que la propagation du virus Bundibugyo dépasse la rapidité de la réponse. « Elle s’intensifie et s’étend plus vite que les efforts déployés dans toute la région », a déclaré M. Harneis lors d’un point de presse régulier de l’ONU à Genève.
Cette épidémie d’Ebola est déjà la plus importante de l’histoire du pays. Selon le décompte effectué le 19 août 2026, l’épidémie de maladie à virus Ebola de souche Bundibugyo totalisait 5.290 cas confirmés, dont plus de 2.516 décès et 1.152 guéris, soit un taux de létalité de 47,6 %. La flambée s’est étendue à 56 zones de santé réparties dans six provinces.
« Le bilan des décès s’alourdit évidemment chaque jour », a ajouté M. Harneis, précisant que la moitié des décès était survenue « au cours des 20 derniers jours ».
Ebola s’étend sur un territoire plus vaste que la France
Par son ampleur, cette épidémie est devenue la deuxième plus importante flambée d’Ebola jamais documentée. Son évolution rapide, marquée par une vitesse de propagation sans précédent par rapport aux épidémies antérieures, constitue un défi majeur pour la riposte sanitaire et les efforts de contrôle de la maladie.
« L’épidémie s’étend largement : elle couvre désormais une superficie supérieure à celle de la France », a déclaré Julien Harneis depuis Bunia (RDC) lors d’une conférence de presse à Genève, en Suisse.
Alors que l’épidémie d’Ebola la plus meurtrière de l’histoire de la RDC continue de se propager, les Nations Unies ont renouvelé leur appel urgent en faveur d’un soutien international immédiat, les fonds disponibles pour les actions vitales étant à un niveau extrêmement bas.
Les fonds destinés à l’aide ne suffiront que pour les prochaines semaines et pourraient s’épuiser si aucun financement supplémentaire n’est accordé, a fait valoir M. Harneis, tout en dénonçant une série d’attaques « inacceptables » contre les professionnels de santé.
L’urgence de financer la riposte
Alors que les coupes budgétaires ont réduit la capacité des organisations humanitaires « de 30 % et plus », tout retard dans le financement et la mise en œuvre rend cette épidémie plus meurtrière, plus difficile à endiguer et plus coûteuse. « Nous avons donc besoin de ce soutien international sans délai. »
C’est précisément dans ce contexte d’urgence que l’évolution de l’épidémie demeure incertaine, l’efficacité de la riposte dépendant en grande partie de la mobilisation internationale. Selon l’OCHA, il est difficile de « prédire l’avenir ». L’évolution de l’épidémie dépendra notamment des actions de la communauté internationale.
Pour enrayer l’épidémie, l’urgence est désormais d’agir sur le terrain. Renforcer les équipes et acheminer davantage de ressources vers les zones les plus reculées de la RDC, notamment dans l’est du pays, pourrait permettre, en quelques mois, de ralentir la transmission et d’avancer vers l’arrêt de la propagation.